Discours de politique générale

Publié le par Pierre de RUS

Discours de politique générale

Imaginez.

Imaginez que nous sommes à l’Assemblée Nationale le jour de la déclaration de politique générale du Premier Ministre, et qu’au moment de monter à la tribune, il laisse monter à sa place un Directeur de l’Administration pour faire le discours à sa place !

He bien, c’est exactement à cette scène que nous avons assisté hier soir lors du conseil municipal, c’est le Directeur Financier qui a présenté le débat d’orientation budgétaire sur ordre de la Maire !

Le Débat d’Orientation Budgétaire, le DOB, c’est un peu le discours de politique générale du Maire, c’est là qu’il fait le bilan de l’action passée et qu’il présente les perspectives pour l’avenir.

Notre Maire, elle, préfère laisser cela à l’Administration… Cela en dit long sur l’intérêt qu’elle porte à sa fonction de Maire. De plus en plus en retrait derrière l’Administration qui a pris le pouvoir sur les élus.

Voici le texte de mon intervention dans le débat d’orientation budgétaire :

" Madame le Maire, Mes chers collègues.

Je remercie les services pour l’excellent travail qui nous a été présenté et il n’est pas dans mes intentions de contester le travail que vous avez demandé au cabinet Service Public 2000, car je sais bien que dans ce genre de d’exercice, la présentation est faite en fonction de la commande passée. Cependant, la méthode qui consiste à globaliser la fiscalité du SAN avec celle de la commune pour expliquer qu’elle est trop élevée n’est pas intellectuellement très honnête, puisque vous savez bien que cette fiscalité provient du transfert de fiscalité du département et que celle-ci n’a pas varié depuis le dit transfert. A ce compte-là, vous auriez du également ajouter la part régionale.

Je note également que, fidèle à vos combats perdus, vous mettez en avant un élément qui aura selon vous des conséquences importantes, la réforme Peillon, pour… 34k€ par an. C’est-à-dire environ 0,3 % du budget ou, pour comparer, moins que le coût d’un agent de police municipale par exemple.

Sans doute une manière de signifier l’attachement que vous portez à l’éducation de nos enfants.

Enfin quelques interrogations subsistent sur la prospective que vous nous proposez. Des charges financières qui augmentent de 124 % sur les cinq années à venir, des remboursements d’emprunt qui augmentent de 85 % sur la même période alors que votre prévision de budget est en augmentation de 14,5 %.

En ce qui concerne plus précisément le prochain exercice et son budget de fonctionnement il y a peu ou pas d’indications dans le document que vous nous présentez. Difficile donc de prendre position. En effet, je ne connais personne qui ne puisse être d’accord sur un objectif de maîtrise des coûts et de maintien de la qualité de service.

Le problème viendra ensuite dans l’exécution, comme on peut le constater avec les services que vous avez externalisés et dont la qualité a chuté de façon dramatique, provoquant le mécontentement des usagers de ces services publics.

Pour finir sur ce point du fonctionnement, j’ai beaucoup apprécié votre sens de l’humour lorsque vous écrivez page 6 que vous allez faire une enquête pour comprendre la chute de fréquentation des activités extra et périscolaire. Après avoir tout fait depuis 6 mois pour chasser les enfants de ces structures, peut-être l’enquête que vous évoquez a pour objectif de voir comment vous débarrasser de ceux qui restent.

Concernant le budget d’investissement, là encore, je ne saurais être par trop critique, s’agissant pour la plupart de projets que nous avions lancés ou envisagés, nous ne pouvons que souhaiter qu’ils se réalisent dans les meilleures conditions. Un bémol cependant concernant l’extension de la vidéo protection ; il me semble que la somme évoquée aurait pu être étalée sur plusieurs exercices, ce qui aurait permis, par exemple, de commencer à travailler sur la voirie et le stationnement dans le quartier de Hauterive qui en a grandement besoin.

Je vous remercie de votre attention. "

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